Mon soutien psy : plus d’avance de frais chez le psychologue à partir du 1er octobre

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Pendant des mois, consulter un psychologue dans le cadre de Mon soutien psy supposait d’avancer 50 € à chaque séance, puis d’attendre le remboursement. Pour un suivi de douze rendez-vous, cela représentait jusqu’à 600 € avancés sur l’année, remboursés avec plusieurs jours de décalage, une contrainte qui suffisait à décourager une partie des personnes en difficulté.

Mon soutien psy est le dispositif public qui rembourse des séances chez un psychologue libéral conventionné, accessible dès 3 ans et sans ordonnance. À partir du 1er octobre 2026, le tiers payant y devient la règle pour tous les assurés, et plus seulement pour quelques catégories de patients. Dans un contexte où les dépenses de santé glissent peu à peu vers les ménages et leur mutuelle, la mesure va dans l’autre sens. Mais que restera-t-il réellement à régler au cabinet, et comment s’assurer d’en profiter ?

Ce que le tiers payant change au 1er octobre

La séance reste facturée 50 €, qu’il s’agisse de l’entretien d’évaluation ou d’une séance de suivi. L’Assurance maladie en prend en charge 60 %, soit 30 €, et la complémentaire santé couvre les 40 % restants, soit 20 €. Ce partage ne bouge pas au 1er octobre : c’est le circuit de paiement qui change.

La généralisation découle de l’article 56 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui modifie l’article L. 162-58 du code de la Sécurité sociale. Concrètement, la part de l’Assurance maladie sera versée directement au psychologue, sans que vous ayez à l’avancer. Votre avance maximale tombe donc de 50 € à 20 € par séance, soit 240 € au lieu de 600 € sur une année complète de suivi.

Le nombre de séances, lui, n’augmente pas : le plafond reste fixé à 12 séances par année civile, un entretien d’évaluation suivi de 11 séances au maximum. Cette généralisation prolonge en réalité un droit que plusieurs publics exerçaient déjà.

Les patients qui ne faisaient déjà aucune avance

Avant cette réforme, le tiers payant était réservé à des situations précises, que l’Assurance maladie liste sur son site :

  • les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) ;
  • les bénéficiaires de l’Aide médicale de l’État (AME) ;
  • les patients dont les séances sont liées à une affection de longue durée (ALD) ;
  • les victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle ;
  • les femmes enceintes à partir du 6e mois de grossesse ;
  • les étudiants passant par le dispositif Santé psy étudiant.

Pour ces publics, rien ne change au 1er octobre. Pour tous les autres assurés, soit l’immense majorité, la différence se mesure directement au moment de payer, et elle dépend de votre couverture complémentaire.

Combien vous réglez réellement au cabinet

Le montant qui sort de votre poche le jour de la séance dépend désormais surtout de votre situation de couverture. Le tableau suivant reprend les principaux cas, pour une séance à 50 €.

SituationAssurance maladieComplémentaireReste à charge final
Salarié avec mutuelle responsable30 € (tiers payant)20 €0 €
Assuré sans complémentaire30 € (tiers payant)0 €20 €
Assuré en Alsace-Moselle30 € + 15 € (régime local)5 €0 à 5 €
Bénéficiaire de la C2S30 €20 € (C2S)0 €

Les contrats dits responsables, qui représentent l’essentiel du marché, doivent couvrir l’intégralité du ticket modérateur de 40 % en vertu de l’article R. 871-2 du code de la Sécurité sociale. Si vous en disposez, les 20 € avancés vous reviennent après transmission de la feuille de soins, sauf si votre mutuelle pratique elle aussi le tiers payant avec le psychologue.

Sans complémentaire, le reste à charge atteint 240 € pour douze séances, un poste à mettre en regard des autres hausses de l’automne, comme le plafond annuel des franchises médicales porté à 140 € au même 1er octobre. Encore faut-il suivre le bon parcours pour que le tiers payant s’applique.

La marche à suivre pour ne rien avancer

L’accès est direct, sans passage obligé par le médecin traitant, mais seuls les psychologues partenaires du dispositif appliquent le tiers payant. Le parcours se déroule en quatre temps :

  1. rechercher un psychologue partenaire dans l’annuaire officiel monsoutienpsy.ameli.fr, par ville ou par code postal ;
  2. prendre rendez-vous directement en précisant que la séance s’inscrit dans Mon soutien psy ;
  3. présenter votre carte Vitale ou votre attestation de droits à jour lors du premier rendez-vous, l’entretien d’évaluation ;
  4. régler uniquement la part complémentaire, puis vérifier le remboursement de votre mutuelle sur votre relevé.

Un psychologue installé en libéral mais non conventionné n’ouvre droit à aucun remboursement de l’Assurance maladie, même s’il affiche un tarif proche de 50 €. Avant le premier rendez-vous, vérifiez donc sa présence dans l’annuaire plutôt que de vous fier à la seule mention du dispositif. Trouver un praticien disponible reste d’ailleurs la vraie difficulté.

Un dispositif encore boudé par une partie de la profession

Le dispositif repose sur des psychologues volontaires, et environ 6 700 d’entre eux avaient signé la convention fin 2025, d’après les chiffres cités par le site spécialisé Egora. Rapporté aux quelque 845 000 patients accompagnés depuis le lancement et aux 4,7 millions de séances réalisées, le réseau reste étroit dans de nombreux territoires.

La profession est loin d’être unanime. Le tarif unique de 50 €, sans dépassement possible, est jugé insuffisant par une partie des praticiens, qui y voient une consultation sous-payée au regard de leurs tarifs habituels en libéral. Plusieurs organisations ont appelé à ne pas rejoindre le dispositif.

Il ne vous aura pas échappé qu’une très grande majorité de la profession boycotte ce dispositif.

Convergence des psychologues en lutte, collectif de 21 organisations, dans une lettre ouverte adressée à Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance maladie, le 12 novembre 2025

Les données d’usage nuancent aussi l’intérêt du plafond de douze séances : les patients n’en consomment en moyenne que 4,8, selon les chiffres cités par ce même collectif. La suppression de l’avance pourrait élargir le public, à condition que l’offre suive.

Pour vous, la conséquence est pratique : anticiper un délai de rendez-vous de plusieurs semaines dans les zones où les psychologues partenaires sont rares, et élargir la recherche aux communes voisines si besoin. Reste à éviter les erreurs de facturation qui transforment une séance gratuite en dépense.

Dépassements et séances hors dispositif

Un psychologue partenaire ne peut pas facturer plus de 50 €. Selon l’Assurance maladie, une feuille de soins portant un tarif supérieur est automatiquement rejetée, et le praticien doit alors en établir une nouvelle au bon montant puis vous rembourser la différence. Un supplément réclamé au cabinet n’a donc pas lieu d’être.

Au-delà de la 12e séance de l’année, le remboursement de l’Assurance maladie s’arrête, sauf pour certains mineurs en affection de longue durée pris en charge dans un protocole de soins depuis juin 2026. Certaines complémentaires prévoient un forfait annuel pour les consultations de psychologue hors dispositif : avant de bien choisir sa mutuelle santé, ce poste mérite une ligne dans votre comparaison.

Une gratuité qui déplace la question de l’accès

Supprimer l’avance de 30 € lève un frein financier réel, en particulier pour les ménages qui renonçaient à consulter faute de trésorerie en fin de mois. Le coût ne disparaît pas pour autant : il est réparti entre l’Assurance maladie et les mutuelles, qui absorbent déjà le forfait sur les actes médicaux lourds et d’autres transferts de charges, et le répercuteront tôt ou tard sur les cotisations.

La question se déplace désormais vers la disponibilité des praticiens et la durée du suivi. Douze séances remboursées ne font pas une thérapie lorsque les troubles s’installent, et la vraie dépense commence souvent après la dernière séance prise en charge. C’est sur ce terrain que se jouera, dans les prochains mois, la différence entre deux contrats de complémentaire en apparence équivalents.

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