Fourrière : l’enlèvement d’une voiture passe à 135 euros au 1er octobre 2026

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Récupérer sa voiture à la fourrière va coûter plus cher dans quelques jours. Un arrêté du 13 septembre 2026, publié au Journal officiel du 22 septembre, relève les plafonds que les gardiens de fourrière peuvent facturer aux propriétaires de voitures particulières. La hausse s’applique à partir du 1er octobre 2026, sur tout le territoire à l’exception de Paris.

La fourrière, c’est l’enlèvement d’un véhicule sur décision d’un officier de police judiciaire, le plus souvent pour un stationnement gênant ou abusif, puis sa garde jusqu’à ce que son propriétaire vienne le chercher. Chaque étape est facturée selon un barème national de montants maxima, révisé jusqu’ici tous les deux à six ans. Ce que vous paierez désormais dépend surtout du nombre de jours que votre voiture passera sur le parc. Combien faudra-t-il sortir au guichet à partir d’octobre, et votre contrat d’assurance peut-il absorber une partie de la note ?

Deux postes augmentent, trois restent au même niveau

Une facture de fourrière additionne plusieurs lignes distinctes, et seules deux d’entre elles bougent au 1er octobre. Voici les plafonds applicables aux voitures particulières hors grandes villes, selon Service Public :

  • immobilisation matérielle, c’est-à-dire la pose d’un sabot : 7,60 €, sans changement ;
  • opérations préalables à la mise en fourrière : 15,20 €, sans changement ;
  • enlèvement du véhicule : 135 € au lieu de 127,65 €, soit une hausse de 5,8 % ;
  • garde journalière : 7,15 € par jour entamé au lieu de 6,75 € ;
  • frais de mise en vente : 100 €, sans changement.

Ces montants sont des plafonds, pas des prix fixes. Une commune ou un gardien peut facturer moins, jamais au-delà du tarif maximal fixé par arrêté, et la grille doit être affichée à l’entrée de la fourrière. La hausse unitaire paraît modeste, mais elle se cumule jour après jour, comme le montre le calcul d’une facture complète.

Ce que coûte réellement une sortie de fourrière

Le chiffre qui compte n’est pas le seul tarif d’enlèvement, mais le total réclamé le jour où vous reprenez le volant. En cumulant sabot, opérations préalables, enlèvement et garde, l’écart se creuse avec la durée du séjour :

Durée en fourrièreJusqu’au 30 septembreÀ partir du 1er octobreÉcart
1 jour157,20 €164,95 €+7,75 €
3 jours170,70 €179,25 €+8,55 €
7 jours197,70 €207,85 €+10,15 €
10 jours217,95 €229,30 €+11,35 €

À ces frais s’ajoute l’amende qui a motivé l’enlèvement : 135 € pour un stationnement très gênant, 35 € pour un stationnement gênant. Une voiture récupérée le lendemain dépasse ainsi couramment 300 € au total, et chaque semaine d’attente supplémentaire ajoute désormais 50,05 € de garde. Dans les plus grandes villes, le calcul obéit toutefois à d’autres règles.

Paris, Lyon, Marseille et Toulouse gardent un barème à part

Les communes les plus importantes relèvent d’un second texte, l’arrêté du 28 novembre 2003, modifié lui aussi le 13 septembre. À Lyon, Marseille et Toulouse, l’enlèvement s’aligne sur le tarif national de 135 €, contre 127,65 € jusqu’ici. La garde y est facturée 10 € par jour et la mise en vente 61 €, pour tenir compte des contraintes de circulation et de stationnement propres à ces agglomérations.

À Paris, rien ne change au 1er octobre. L’enlèvement d’une voiture particulière y reste facturé 150 €, la garde journalière 29 €, soit quatre fois plus qu’ailleurs, et la mise en vente 100 €. Une semaine de fourrière parisienne revient donc à plus de 350 € hors amende. Cette revalorisation n’est pas tombée du ciel : elle répond à une longue mobilisation de la profession.

Une hausse arrachée par les professionnels du dépannage

Le nouveau barème traduit un protocole d’engagement signé le 3 septembre 2026 entre l’État et les deux organisations représentatives des gardiens de fourrière, la Fédération nationale de l’automobile (FNA) et Mobilians. Les négociations avaient accéléré en mai, après que plus de 200 dépanneuses venues de toute la France ont stationné devant le ministère de l’Économie. La profession jugeait ses tarifs déconnectés de ses coûts, au point qu’enlever un petit poids lourd de 3,5 à 7,5 tonnes, facturé 122 €, coûte désormais moins cher qu’enlever une voiture.

Ce protocole constitue une première avancée concrète après plusieurs mois de mobilisation et de dialogue avec les pouvoirs publics. Nous saluons les engagements pris par l’État, notamment sur les tarifs, la sécurité et la modernisation du cadre réglementaire.

Philippe Gimenez, président de la branche dépannage-remorquage-fourrière de la FNA, communiqué de presse du 4 septembre 2026

La fédération prévient qu’elle jugera cette revalorisation insuffisante si elle n’est pas suivie d’effets. Les deux-roues et les poids lourds restent pour l’instant exclus de la hausse : une moto enlevée reste facturée 45,70 €. Le texte contient surtout une clause qui change la donne pour les années à venir.

À partir de 2027, une révision chaque année

La nouveauté de fond tient en une phrase ajoutée aux deux arrêtés. Les tarifs maxima seront désormais fixés chaque année en tenant compte, de l’évolution du coût des carburants, de la main-d’œuvre, des assurances et des véhicules de dépannage.

Cette clause d’indexation ne jouera qu’à compter du 22 septembre 2027, un an après la publication de l’arrêté. D’après le décompte de JeChange, le barème a été revu en 2017, 2020, 2024 puis 2026 : les hausses par paliers espacés laisseront place à une progression annuelle, plus régulière et plus prévisible.

Pour les automobilistes, le mécanisme ressemble à celui de quatre changements réglementaires qui pèsent sur votre prime auto : des coûts de réparation et de main-d’œuvre en hausse finissent toujours sur la facture de l’usager. Reste une question que beaucoup se posent au guichet de la fourrière.

Votre assurance auto ne rembourse pas la fourrière

La confusion est fréquente, parce que presque tous les contrats comportent une garantie assistance. Un remorquage après une panne ou un accident est pris en charge ; un enlèvement décidé par l’autorité publique ne l’est jamais, quel que soit votre niveau de couverture. La formule tous risques indemnise les dommages au véhicule, et la protection juridique peut au mieux financer une contestation, pas la facture elle-même.

L’assurance n’entre en jeu que si votre voiture est abîmée pendant l’enlèvement ou la garde, ce qui engage la responsabilité du gardien. Écrivez vos réserves sur le bon de sortie avant de quitter les lieux, faute de quoi le dommage deviendra difficile à faire reconnaître. En cas de litige, les étapes pour contester un refus d’indemnisation restent les mêmes que pour tout sinistre.

Le délai, premier levier sur la facture

Au-delà du barème, le temps écoulé pèse bien plus que la hausse elle-même. Un véhicule non réclamé est réputé abandonné quinze jours après la mise en demeure de son propriétaire, et dix jours seulement si l’expertise conclut à une valeur marchande insuffisante : il part alors à la vente ou à la destruction, sans effacer les frais déjà dus.

Un véhicule sans assurance valide ajoute une difficulté, puisque les peines pour conduite sans assurance se cumulent depuis août avec les autres infractions. Avec une indexation désormais annuelle, chaque jour passé en fourrière coûtera un peu plus chaque automne, et la rapidité à localiser puis récupérer sa voiture devient la seule variable réellement entre les mains du propriétaire.

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